Barrières de tissu

Dans sa main couleur café, il prit ses doigts pâles. Elle ne dit rien bien au contraire se lovant dans son bras libre. Ils ont mêlé leur chaleur et fondu leurs différences dans la même danse, leurs peaux contrastées collées par leurs chemises, dérisoires barrières de tissus. Si lui penchait de l’avant, elle allait en arrière et pour mieux s’entendre encore c’est en rond que leurs pas s’accordèrent bientôt.

— Elle lui dit : tu n’as pas peur ?

— Si, du soir au matin au moindre uniforme, mais de la maladie qui te fait trembler, j’en ris

Elle se sentit bête, mais sa joue qui se posa sur la sienne l’apaisa.

Mieux dans la douce mélodie de Sons Libres, un couple de musiciens franco sénégalais, ainsi portée par la voix d’un frère, il se sentit chez lui. Leurs corps enlacés que certains trouvaient si différents allaient unis dans le même tempo, dans le même bonheur, dans la même rébellion et c’était bon.

Pied de nez aux flics de l’ordre sanitaire, bras d’honneur aux ennemis des métissages, hommage aux jeux fluides de l’amour.