Explication de texte…

Cher lecteurs(trices)

Il est difficile d’expliquer le cheminement de sa pensée quand on est auteur de fiction.

Difficile de satisfaire la curiosité du lecteur, surtout quand il y a un côté voyeur dans son désir de connaître mes sources d’inspiration. Vaste désir quand il me connaît personnellement et qu’à l’évidence pour lui, un héros comme les personnages secondaires d’une ou l’autre de mes nouvelles évoquent des connaissances communes ou moi-même.

C’est l’évidence dont il faut se méfier le plus. Mes fictions sont un kaléidoscope de ma vie et en ce sens, il n’y a pas de mal à s’imaginer que telle situation ou tel personnage sont dérivés de faits réels de mon existence.

Il n’y a pas de soucis, mais vous allez vous faire du mal à reconstruire le puzzle de la vérité parce qu’il contient des milliers de pièces et qu’il en manquera toujours une ou plusieurs à la fin que je ne connais pas moi-même. C’est ennuyeux de passer à côté d’une histoire qui peut-être vous aurait plu si vous n’aviez passé votre temps de lecture à démêler l’écheveau de ma vie, à débusquer un personnage de mon entourage dans les protagonistes, un lieu.

Je parle d’amour, de maladie, de mort. Eh oui ! Je l’avoue, j’ai aimé, été très malade et accompagné des proches dans leur fin de vie. Est-ce vraiment singulier ?

Admettons que ma vie soit matière à sujets de fictions. J’ai bien dit : matière à sujets.

Alors j’avoue, tout ce que vous savez d’elle est la substance de mes modestes créations littéraires et en ce sens, pas un lieu, pas une histoire, pas un personnage que je n’ai connu personnellement qui n’alimente mon inspiration. Ils sont dans toutes mes nouvelles, mais, mais… Là un arbre, là un rocher, là un parfum, là un sentiment d’amour, là un visage sur le corps d’un ou d’une autre, là une situation au présent dans une histoire passée, là un amour passé dans un lieu de mon quotidien avec une femme aimée, il y a bien longtemps, mais avec le visage d’une passante inconnue croisée le matin même.

Souvent, une histoire d’amour au présent avec un personnage qui me ressemble trait pour trait, mais avec l’amoureuse de mes quinze ans, les seins d’une autre de mes vingt, et les jambes d’une de mes quarante. Les sensations même sont puisées dans mon passé.

Alors, pour le plus croustillant, si je parle d’amour et de sexe ce n’est pas forcément parce que je suis en manque mais surtout parce que j’aime ça, ni pas parce que j’ai cédé, l’après-midi même, aux sirènes d’un « cinq à sept » canaille avec un bout de chocolat suave.

Une femme peut revenir souvent un temps, une autre plus loin, muse reconstruite du moment pour parler d’états amoureux bien passés et pour cause, à soixante ans… Mais il ne m’est pas interdit de l’imaginer…

Un kaléidoscope vous dis-je.

La seule vérité est qu’écrire m’apaise ou me soigne de blessures présentes. Mais leurs origines ne le sont pas forcément, récentes. Pas forcément…

L’idée que vous vous faites de ma vie est aussi une fiction. Ma pensée en est une aussi.

Vous connaissez-vous bien, vous-même ?

Moi, non.

Sachez lecteurs !

Que l’auteur est toujours sincère, mais Guy Masavi ment comme il respire. Qu’est-ce qu’un pseudo si ce n’est encore la fiction d’un autre moi.

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