Le parfum du cêpe noir


Les flammes de la cheminée se déhanchaient dans une danse frénétique ponctuée de craquements furieux. Çà et là jaillissaient des escarbilles folles finissant leur brève vie contre les chenets ou le manteau du foyer. À la lueur stroboscopique du feu se projetaient sur les murs les ombres fantasmagoriques de deux hommes. Assis chacun sur un trépied de bois, bercés par le doux ronronnement de l’âtre, au plus près des bûches incandescentes, et presque léchés par les flammèches du brasier, ils conversaient à voix basse. Il est vrai que les pièces de cette maison, inhabitées neuf mois l’an voire plus, restaient fraîches. Si le torse des deux hommes brûlait, leur dos se crispait aux assauts du courant d’air de la fenêtre entrouverte et sous la chape d’humidité qui émanait des vieux murs floqués d’albâtre. Dans une demi-heure, ils fermeraient la baie, s’écarteraient de l’âtre et pourraient se mettre à l’aise dans un air enfin tempéré.

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