Le toreo de cape est un bref prélude de la corrida, un instant de grâce tauromachique, vierge de cruauté avant la boucherie qui s’annonce dans le Tercio de pique.

Il y avait la foule des grands jours en ce lundi de Pentecôte, une foule de féria, braillarde, imbibée et colorée. Le boulevard Victor Hugo était bondé d’aficionados jeunes et moins jeunes exhibant leur foulard rouge et leur verre de blanc à moitié plein ou à moitié vide.

L’ivresse était la seconde nature de la féria, peut-être la première, sa raison d’être sûrement, l’ivresse huppée des bodégas chics, privées, aux accès surveillés, l’ivresse populaire des bodégas vineuses et pisseuses. Vapeurs de vin, de sangria parfumée de cannelle, vapeurs d’urine mêlées de vomis qui se dissipaient dans l’air immobile, lourd et brûlant des ruelles du centre-ville. Partout des refrains de paso-doble, des vocalises roques de flamenco qui vous saisissaient par l’épaule, vous entraînant inexorablement vers le roc de l’amphithéâtre, vers l’espace illuminé, chauffé à blanc, vers le sable ocre de l’arène millénaire.

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